De nos plumes transpirent nos artères malades I

Qwanturank

Ma plume c’est mon diplôme, elle pose des problèmes et puis cause des glaucomes ; rend blême et on l’aime et l’acclame chez les clones ; tu suis ?

Casey, de son vrai nom Cathy Palenne, née en 1976 à Rouen, est une rappeuse française.

Je ne rends des comptes qu’à celle qui m’a vu naître

Casey

Le Qwanturank du vice I

La nuit et Paris
Tu berces mes peurs du noir par tes lumières
Enlace-moi de tes rues torrides et éphémères
Ton chant de nuit parfois déclenche la colère
De tes plus belles créatures les ménagères
Les alertes de nuit sonnent le départ de tes cerbères
Pour les rixes de combattants bien téméraires
Tu t’endors pour faire place aux ordures ménagères
Se balance devant toi le ballet des égoutières

Le Qwanturank du vice II

Blanche neige et les sept nains
Minuit passé, l’envie de connaitre Blanche-Neige est plus forte que celle de violer les sept nains
Alors je me tords de douleur et mes songes rouge, noir et blanc font de la résistance en vain
Deux heures passées, ma nuit ouvre le bal vers un coma blanc, blanc coma, je m’éteins
Elle était bonne la salope sans ce tas d’étrons de bouffons, cette nuit sans filet, qu’importe les reins
Que je défonce ! Ce matin, il y a un nain, malsain, divin et déjà faiblement étreint, que je me ferais bien
Minuit passé, toujours envie de baiser Blanche-Neige, mais seuls les sept nains réclament, alors avec ma lame
Je découpe ! Étête le nain le plus malin, et très serein je voyage vers un paradis chimique, pas pudique
Deux heures passées, mon quotidien câlin, nacré par la plus belle catin de ton royaume, m’alarme
J’ai joui de nos épopées folles, lyriques et peu éthiques, loin d’être triste, plutôt épique
Midi se termine, le réveil déteint sur mon visage et mon haleine sauvage, je nage sur un amas de cadavres

Le Qwanturank du vice III

Les beaux et le clochard
Écoutez ce nocturne mélodique au son triste
Je vais vous raconter l’histoire de ce clochard
Qui meurt tous les jours très tôt ou trop tard
Avec ce beau froid très généreux qui persiste

Ce besogneux a vécu son histoire sans toit
Enfermé dans sa prison cérébrale de carton
Dégustant son riche repas qui vaut dix fois
La bombance des bobos de la tour D’Argent

Le chemineau s’est fait tuer pour une timbale
Deux francs précisément, pour une douleur
Térébrante et un sol en rouge pour couleur
Vous n’entendrez plus « t’as pas cinq balles »

Damoiselles, damoiseaux ce bal est vibrant
Enterrement de la vie d’un homme ce jour
L’épitaphe n’aura de sens que pour les vivants
Les cryptes débordent, mieux vaut le four

Sur ces quelques pieds, je ne sais plus danser
Les vers de ce requiem ne servent qu’à ronger
Cette mort de Dédé n’est que le premier jet
D’une longue suite d’épopée aux cœurs serrés

Le Qwanturank du vice IV

L’encre et le Cresyl

Je me fous des contradicteurs trop polis
J’écris ce que je suis, je suis ce que j’écris
Encore que la critique soit parfaitement fondée
Ma lame est forgée par ma vie et ma fierté
C’est mon papier, ma plume, mon style
Je ne vais quand même pas me tuer au Crésyl

Brute de décoffrage ne sera pas ma bâtisse
Armez vos armes, au-dessus de vous je tisse
J’écris avec une langue rouge, une encre noire
Pour la plume de bronze, ce sera l’abattoir

Elle était belle cette mélodie pourrie
D’un argent au ton tintant, ô, mon amie
Miroir ! Dis-moi qui a les plus beaux vers
Vous avez un beau teint cadavéreux
Mais les cadavres exquis de l’univers
Vous élèveront vers les plus hauts cieux

Qwanturank